Au début du XIIIe siècle, la violence et la guerre sont partout, à l’intérieur de l’Italie entre les cités, à l’extérieur avec les croisades. François, jeune et riche fils de marchand d’Assise, rêve de chevalerie. Après des errances et le cachot, il décide, envers et contre tous, de servir le Dieu de l’Évangile. Claire le voit, l’entend. Elle a douze ans de moins que lui, tout les sépare, et c’est lui qu’elle choisit : elle va aimer comme lui, avec lui, absolument.
On connaît François et son plaidoyer pour la Création. On connaît moins l’admirable Claire, d’une liberté absolue, une femme d’aujourd’hui. Ils vivront jusqu’au bout un coup de foudre qu’on n’a jamais osé ni dire ni regarder en face depuis huit cents ans. Catherine-Agnès, la soeur de Claire, raconte…
Yves Viollier est un auteur reconnu pour son écriture sensible et authentique, mêlant émotions profondes et portraits humains nuancés. Primé à plusieurs reprises, il séduit un large public grâce à ses récits riches en humanité et en simplicité.
Rencontre Littéraire du 29 août 2026
Un très joli livre qui se lit comme un roman. Derrière chaque grand homme, il y a une femme…
L’enfant partit avec l’ange et le chien suivit derrière. Cette phrase convient merveilleusement à François d’Assise. On sait de lui peu de choses et c’est tant mieux. Ce qu’on sait de quelqu’un empêche de le connaître. Ce qu’on en dit, en croyant savoir ce qu’on dit, rend difficile de le voir. On dit par exemple : Saint-François-d’Assise. On le dit en somnambule, sans sortir du sommeil de la langue. On ne dit pas, on laisse dire. On laisse les mots venir, ils viennent dans un ordre qui n’est pas le nôtre, qui est l’ordre du mensonge, de la mort, de la vie en société. Très peu de vraies paroles s’échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n’ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre. L’enfant partit avec l’ange et le chien suivit derrière.
Conseillé à la rencontre littéraire du 27 juin 2026
Il y a des jours où les planètes s’alignent. Suite à l’ emprunt du livre « Le soleil se lève sur Assise », un autre livre sur la vie de Saint François m’est prêté (de Gianmaria Polidoro), suivi d’un ouvrage de Christian Bobin, également consacré à Saint François. Que tente-t-il de nous communiquer ?
Le premier ouvrage déborde d’espérance qui s’éveille à l’instar du soleil sur des vies abîmées : le second se lit comme un roman et nous avançons aux côtés de François, une œuvre moderne . Et puis, il y a “Le très bas“, une véritable révélation poétique.
Christian Bobin se demande comment peut on échouer quand on a Dieu avec soi ? Même en prison, François chantait ; il a trouvé la lumière du monde. François “un brave petit maçon” choisi par Dieu pour réparer sa maison qui tombe en ruine… Il comprend que la vérité est plus dans “le bas” que dans “le haut” et s’approche de la pauvreté. “Le très bas habite où la lumière manque de tout.” Saint François parle aux hirondelles, s’entretient avec les loups ; il entre en réunion avec les pierres et organise des colloques avec les arbres. Il parle avec tout l’univers.
Sept siècle plus tard, l’oiseau s’en est allé avec son chant mais résonne encore ses paroles ” je ne vous demande pas d’être parfait, je vous demande d’être aimant“. Aurait il pensé que quelques siècles plus tard, un pape prendrait son nom ?
Si on veux connaître un homme, il faut chercher la direction où la vie l’a secrètement tournée. Trois livres tournés vers Assise.
La vie de ce saint écrite dans un style simple et vivant. Fidèle aux sources historiques, l’auteur en donne un portrait en éliminant tout développement légendaire.
Présenté à la rencontre littéraire du 27 juin 2026
« A mon avis François a retrouvé la clef perdu des problèmes qui tourmentent le monde et il est persuadé qu’elle conduit à une meilleure réalisation d’une vie sociale dans la joie. L’éternel problème de la recherche d’un langage clair qui permette d’expliquer aux autres comme à soi même le bouillonnement des intuitions intérieures avec comme point de départ l’évangile. »
Avec François, les pauvres devraient avoir une concurrence imprévue ! Mais il disait que c’était la pauvreté volontaire qui ne pèse pas.
Les frères prêchaient et enseignaient la conversion et la louange, la pauvreté et l’obéissance, la simplicité et l’amour de Dieu en Italie et au delà en direction des quatre vents.
François avait besoin de communiquer ce que le seigneur lui a fait comprendre.
A Rome les cardinaux trouvaient ce petit groupe enthousiaste. Le pape, c’est de son ressort de faire avancer la barque et s’il avait un bon rameur de plus c’est toujours ça de gagner. Un homme sage qui conçoit la vie de façon spontané. La proposition de ce petit homme d’Assise renfermait quelque chose de mystérieux qui donnait à réfléchir. Le pape souhaitait cependant que des règles soient instaurées.
« Très cher fils, votre vie paraît très dure et difficile, nous croyons que votre ferveur est si grande qu’il n’y a pas lieu de douter de vous mais nous devons penser à ceux qui suivront afin que cette vie ne leur paraisse pas trop pénible (trois compagnons) ».
Trouver une règle de vie. Accueillir les femmes avec Claire, cette fille qui voulait changer de vie et sortir de chez elle. Mais François a toujours trouvé des alternatives, il avait la notion de liberté.
Certes il y avait des moments d’incertitude et le feu allumé donnait parfois plus de fumée que de chaleur mais Saint François avait le soutien des papes, il ne se sentait pas seul devant l’incertitude de l’avenir.
«Un homme grimpe sur une montagne et peine dans cette ascension et puis il regarde ce panorama spectaculaire et l’horizon qui s’agrandit au fur et à mesure qu’il monte comment fait il pour ne pas louer le seigneur même si ses mains sont ensanglantées et que son épuisement est au maximum. Je crois que si nous voulons comprendre ce moment particulier où de la douleur naît la joie, nous devons penser à un homme qui escalade une paroi rocheuse l’exemple du grimpeur, celui qui dangereusement s’attache à une corde au dessus de l’abîme ouvert sous ses pieds qui lutte et qui souffre dans la tempête, le froid, l’obscurité de la nuit et toujours la solitude pour avancer d’un mètre et encore un mètre, ses mains sont douloureuses tout le corps est tendu et peine, tandis que son cœur éclate parce qu’il sait d’où il vient et qu’il sait aussi qu’il va à la conquête du sommet de la montagne »
Proche de la mort, François avait demandé de la musique. Il y a des gens qui n’arrivent pas à concevoir le christianisme comme une religion du sourire et de la joie
La vraie mission de François, ce n’es pas de rêver de fraternité mais d’accepter de vivre avec ses frères avec tous ses frères non seulement avec les justes mais avec les bien portant mais aussi avec les boiteux et le estropiés et au milieu tous il s’agit de témoigner de l’infini patience de Dieu, de son inépuisable pardon, et de sa grâce car tel est vraiment le cœur de celui qui rend témoignage de la lumière de l’évangile qui brille dans l’ombre du monde.
Homme de fidélités, Charles de Foucauld (1858-1916) voulut servir et le Christ et son pays. Comme presque tous ses contemporains, il croyait à la vocation universelle de la France, conçue en tant qu’union librement consentie d’hommes divers par la langue maternelle ou l’origine, et au progrès. Rencontrant la théologie traditionnelle, cette double foi séculière lui fit juger sévèrement les deux religions du Maghreb, l’islam et le judaïsme. S’étant mis à la suite de Jésus, humble travailleur de Nazareth, il réalisa au Sahara un idéal difficile de fraternité ouverte aux plus pauvres et aux plus déshérités, ainsi que de convivialité entre Français et Maghrébins, jusqu’à son assassinat en 1916. Son message de fraternité universelle est à l’origine de nombreuses familles de vie chrétienne. L’Église en a reconnu toute la valeur en déclarant Charles de Foucauld bienheureux en 2005.
Rencontre littéraire du 25 avril 2026
Commentaires de nos lecteurs
Ici, nous avons les faits, peu d’interprétation sinon une logique. Les événements viennent s’enchaîner malgré les erreurs et les errements (même racine !).
Ses influenceurs sont nommés mais aucun ne viendra l’accompagner. Conséquences : l’isolement de Charles. Mais le terme « petite vie » et un peu dur (Avis personnel).
Reconstituer cette histoire, objectivement, va lever quelques mystères sans jamais dévaloriser l’homme et son travail.
Avant d’aborder sa correspondance et d’autres ouvrages, il est bien de commencer par ce livre.
Je voulais dire que mon voyage sur place à ouvert d’autres sensations nettement plus intenses et complétées par la vue des « gravures » et surtout l’esprit du lieu, une l’âme.
« La vie de Charles de Foucauld n’a pas été une vie conventionnelle mais une vie de ruptures, et pour cela intéressante. »
Ce livre se dévore comme une enquête journalistique et un récit de voyage. Ce n’est pas une énième biographie de plus mais bien le témoignage contemporain de l’empreinte de Charles de Foucauld, ce grand personnage mystique, sur notre présent déchiré et sombre. L’auteur nous entraîne de la France traditionnelle de Saint-Cyr, et provinciale à Viviers, jusqu’au Hoggar, le désert algérien, le Maroc, la Terre Sainte, Istanbul… Sébastien de Courtois refait ce voyage, rencontre différents témoins religieux, militaires, historiens, voyageurs, maîtres soufis, pour raconter au présent cette aventure extraordinaire d’une vie entre excentricités et conversion, faits d’armes et méditation brûlante, à la rencontre du Christ et de l’islam. Que reste-t-il du monde de C. de Foucauld ? Comment entendons-nous aujourd’hui le message mystique de celui qui déclarait : « Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs, à me regarder comme leur frère, le frère universel. »
Cette exploration d’une vie et d’un héritage nous confronte également aux réalités actuelles du Proche Orient : l’islamisme radical, les guerres, les réfugiés, la Palestine…
Rencontre littéraire du 25 avril 2026
Avis de nos lecteurs
Journaliste « noble » il en “rajoute”
Ce n’est pas facile de commenter, de critiquer un ouvrage consacré à Saint Charles de Foucault. L’auteur est noble comme Charles (Vicomte). L’écriture est appliquée mais se heurte a des contradictions dans les témoignages (solitude ou groupe religieux ?)
La noblesse du Vicomte, sa richesse et sa famille aimée.
La carrière militaire agitée
Sa vie religieuse, après la conversion, le désert seul. La description d’autres déserts n’apporte rien (supprimer la période de Nazareth est curieux, gênant)
Les lieux de vie, Tamanrasset et l’Ermitage sont les clés pour comprendre, les passages du religieux au travail sur les Touaregs, les amitiés déçues.
Reste enthousiasme de l’auteur…
(Lire chapitre 14).
Thomas (EHPAD)
Avis personnel, ce livre me touche pour plusieurs raisons…
Avant tout il me fait rentrer dans mon histoire personnelle, je suis issue de la France coloniale après la seconde guerre mondiale et ce livre m'a interrogé encore plus sur l'empire colonial français, là il est peu question de l'Afrique noire mais je pense que la problématique est la même par rapport à l'hospitalité... mon enfance chrétienne a débutée en Afrique avec les pères blancs missionnaires...
Charles de Foucault m'a fait signe suite à la retraite sur la gratitude à Tamié, clin d'oeil... Je trouve que dans ce livre, la découverte de cet homme n'est pas idéalisée, sanctifiée... cet homme ancien militaire, devenu prêtre arrive en Afrique sur les traces de l'armée française... Sébastien Courtois nous plonge dans la complexité de cette période et se questionne sur les intentions de Charles de Foucauld... une relecture de l'histoire très enrichissante...
La quête de Charles de Foucault peut-elle devenir la mienne aujourd'hui quand il me semble découvrir de plus en plus l'universalité du salut apporté par Jésus Christ... question très complexe avec notre rapport avec les autres religions, le monde athée... Que veut dire pour moi frère universel ? Hospitalité... Qu'est-ce évangéliser aujourd'hui ?
Je pense que ce livre risque justement de questionner plutôt que d'apporter des certitudes mais peut-on enfermer Dieu dans des certitudes qui divisent ?
Comment Saint Irénée a t il apporté la foi à Lyon ?
Il était temps que celui dont le nom signifie “Homme de paix” vienne à la rencontre des lecteurs curieux.
L’occasion d’une visite culturelle et religieuse de la belle ville de Lyon (Croix rousse, théâtre romain, Fourvière…).
Rencontre littéraire du 28 mars 2026. Livre conseillé par Catherine
Rencontre Littéraire du 25 avril 2026
Commentaires des lecteurs :
A Lyon, jour de la Saint Irénée (le 28 juin) a lieu une course à pied dans les rues et à travers les lieux spirituels de la ville. La Bonne Nouvelle de Jésus Christ est arrivée à Lyon par Potin et Irénée, venus d’Anatolie. Rappel : Les voyages de Paul.
Dans l’amphithéâtre des 3 gaules, de nombreux chrétiens sont livrés aux bêtes sauvages.
La cathédrale Saint Jean Baptiste a été construite du 12ème au 15ème siècle.
Basilique de Fourvière
Eglise Saint Polycarpe
Eglise Saint Irénée avec son tombeau dans la crypte.
Très belle BD, belles images. On a envie de faire cette course à pied !
Ce beau livre propose un parcours illustré à travers le poème La nuit obscure, pour rendre accessible l’aventure de la transformation de l’âme à travers la nuit. Les dessins lumineux emmènent le lecteur à la (re-)découverte de l’univers imaginaire du Saint un chemin spirituel de l’âme par les yeux. Une première partie donne le poème en version bilingue et des illustrations en pleine page permettent de suivre Jean dans son évasion du cachot de Tolède une nuit de 1578, évènement inspirateur de cet écrit.
En parallèle s’intercalent les illustrations de l’escapade mystique de l’âme imaginée par le saint dans ce poème. Des extraits du traité spirituel sont ensuite proposés, assortis d’illustrations qui explicitent les principaux thèmes chers au saint : recherche de Dieu dans la nuit de la foi, dépouillement intérieur mais aussi jubilation de la rencontre avec l’Être aimé. Les derniers vers du poème n’ont pas été commentés par Jean, mais la similitude des thèmes nous permet de compléter et d’expliquer les couplets finaux à laide d’extraits de ses autres œuvres mystiques. Cette finale très « lumineuse » est peu connue et ouvre une porte sur une fabuleuse richesse d’images poétiques.
Présenté à la rencontre Calis du 25 avril 2026.
Ce livre est à lire sur 3 niveaux
Le poème, d’abord en espagnol, puis en français. On parcourt ensuite les images (magnifiques illustrations du Carmel de Montmartre) avant d’arriver à la deuxième partie comme un feu d’artifice. Comment peut-on exprimer la poésie en mots ? Je crois que la traduction du père Grégoire de Saint Joseph a relevé le défi. Les mots sont sculptés avec la délicatesse de la dentelle et alimentent l’âme. Un petit livre d’une Nuit Obscure, dissimulé entre deux tomes au bout de la bibliothèque et qui révèle toute sa clarté dès qu’il est feuilleté.
Extrait :
“Le feu, matériel appliqué au bois, commence tout d’abord par le dessécher : il en expulse l’humidité et lui fait pleurer toute sa sève. Aussitôt il commence par le rendre peu à peu noir, obscur, vilain ; il lui fait répandre même une mauvaise odeur, il le dessèche graduellement ; il en tire et manifeste tous les éléments grossiers et cachés qui sont opposés à l’action du feu. Finalement quand il commence à l’enflammer à l’extérieur et à la réchauffer, il le transforme en lui même et le rend aussi brillant que le feu.”
Chants de l’âme qui se réjouit de l’heureux sort qu’elle a eu de passer par la nuit obscure de la foi et sa purification pour arriver à l’union de l’amour.
« Augustin est un jeune homme d’une très vive sensibilité, riche d’un tempérament intensément chaleureux. Il se sait doté d’une intelligence hors du commun, d’une mémoire prodigieuse, capable de retenir et d’organiser une masse considérable de connaissances. Il est attiré par la beauté, la lumière, et tout ce qui exalte les sens et l’esprit. Sa personnalité est à la fois hypersensible, cordiale, généreuse, marquée d’un grand sens de l’amitié. Il a le goût d’entraîner les autres. Dans les Confessions, on le voit au centre de petits cercles d’amis qu’il fascine et entraîne, souvent dans la faute. Il a le sens de l’autorité, ce qu’on appellerait aujourd’hui une forme de charisme. » Père Emmanuel-Marie
« Et c’est sans doute ce qui le rend si proche de nous. Nous vivons pareillement dans un monde brillant et fragile, saturé de paroles et de contradictions. Augustin n’est pas un sage retiré dans le calme d’une colline grecque mais un homme traversé par le tumulte, blessé, passionné, inquiet ; il a connu la chute, l’orgueil, l’amour, la déception, et un jour, au coeur de ce désordre, a entendu la voix de Dieu. Ses Confessions ont parfois le ton des confidences entre frères d’armes qui lèvent un instant le voile de pudeur et d’orgueil sur leurs coeurs blessés pour révéler la vérité de leur âme. Avant d’être un docteur de l’Église, il est un homme vivant. Ainsi, il nous parle encore. » Père Michel
« Augustin regarde le monde tel qu’il est : mêlé, fragile, traversé par des amours contraires. Il refuse de sacraliser les puissances terrestres, mais il ne méprise rien de ce qui est humain. Il apprend à user du monde sans s’y perdre, à aimer la paix sans en faire une idole, à recueillir la beauté dispersée dans les choses pour la rapporter à sa source. Sa pensée ouvre ainsi un espace où la foi ne détruit pas la culture, mais la purifie ; où la raison ne se ferme pas devant le mystère, mais s’incline devant lui avec confiance.» Nicolas Diat
Présenté par Annik, rencontre Calis du 25 avril 2025.
Cela fait près de trois siècles que ce classique de la spiritualité chrétienne encourage ceux qui ne peuvent se satisfaire d’une foi superficielle et qui aspirent à ouvrir chaque jour leur cœur à la présence de Dieu. Publiés après sa mort, les enseignements de frère Laurent de la Résurrection ont connu un rayonnement dans toute l’Europe. Dès lors, ce message a dépassé les barrières confessionnelles. À tous les croyants avides de simplicité et d’authenticité, frère Laurent propose l’art de pratiquer la présence de Dieu. Par cet exercice, il nous invite à prendre conscience de la présence divine par un acte de foi simple et continuel. Né vers 1614 dans le Duché de Lorraine à Hériménil, Nicolas Herman grandit dans une famille chrétienne. Jeune homme, il s’engage dans l’armée et se trouve entraîné dans les atrocités de la guerre de Trente ans. Blessé, il abandonne la carrière des armes et prend la résolution de servir Dieu. A 26 ans, il entre au Carmel en qualité de frère convers. Il prend alors le nom de Frère Laurent de la Résurrection. Le rayonnement de sa foi et la simplicité de ses enseignements lui valent très vite une grande renommée. Il meurt le 12 février 1691 dans une paix qui impressionne son entourage.
Léon XIV
Ce petit livre place au centre l'expérience, ou plutôt la pratique, de la présence de Dieu, telle qu'elle a été vécue et enseignée par le frère carme Laurent de la Résurrection, au XVIIe siècle. Comme je l'ai dit, avec les écrits de saint Augustin et d'autres livres, c’est l’un des textes qui ont le plus marqué ma vie spirituelle et m'ont guidé sur le chemin de la connaissance et de l'amour du Seigneur.
Le chemin que nous montre Frère Laurent est à la fois simple et ardu : simple car il ne requiert rien de plus qu'un souvenir constant de Dieu, par de petits actes continus de louange, de prière, de supplication et d'adoration, dans chaque action et chaque pensée, en ayant Dieu seul comme horizon, source et fin. Ardu, car il exige un chemin de purification, d'ascétisme, de renoncement et de conversion de notre être le plus intime, de notre esprit et de nos pensées, bien plus que de nos actions. C'est ce que saint Paul écrivait déjà aux fidèles de Philippes : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2, 5) : ainsi, non seulement nos attitudes et nos comportements doivent être conformes à Dieu, mais nos sentiments, notre propre façon d’être. C'est dans cette intériorité que nous trouvons sa présence, la présence aimante et ardente de Dieu, si « autre » et pourtant si familière à notre cœur. Comme l'écrit saint Augustin, « l’homme nouveau chantera le cantique nouveau » (Sermon 34, 1).
L’expérience de l’union avec Dieu, décrite dans les pages de Frère Laurent comme une relation personnelle faite de rencontres et de conversations, de moments cachés et de surprises, d’abandon confiant et total, rappelle les expériences des grands mystiques, en premier lieu Thérèse d’Avila, qui témoigna elle-même de cette familiarité avec le Seigneur, parlant d’un « Dieu des casseroles ». Toutefois, elle indique un chemin accessible à tous, précisément parce qu’il est simple et quotidien.
Comme beaucoup de mystiques, Frère Laurent parle avec une grande humilité, mais aussi avec humour, car il sait que chaque chose terrestre, même la plus grandiose et la plus dramatique, est insignifiante devant l'amour infini du Seigneur. Ainsi, il peut dire avec ironie que Dieu l'a « piégé », car, entré au monastère peut-être avec une certaine présomption pour se sacrifier et expier durement les péchés de sa jeunesse, il y a trouvé au contraire une vie pleine de joie.
À travers le chemin que nous propose Frère Laurent, à mesure que la présence de Dieu devient peu à peu familière et occupe notre espace intérieur, la joie d'être avec Lui grandit, les grâces et les richesses spirituelles fleurissent, et même les tâches quotidiennes deviennent faciles et légères.
Les écrits et les témoignages de ce frère laïc carme du XVIIe siècle, qui, avec une foi lumineuse, a traversé les événements tumultueux de son époque, certainement non moins violents que les nôtres, peuvent aussi être une source d'inspiration et de réconfort pour notre vie d’hommes et de femmes du troisième millénaire. Ils nous montrent qu'aucune circonstance ne peut nous séparer de Dieu, que chacune de nos actions, chacune de nos occupations, et même chacune de nos erreurs acquièrent une valeur infinie si elles sont vécues en sa présence, continuellement offertes à lui.
Toute l'éthique chrétienne peut véritablement se résumer à ce rappel constant de la présence de Dieu : Il est là. Ce rappel, qui est quelque chose de plus qu’un simple souvenir car il touche nos sentiments et nos affections, dépasse tout moralisme et toute réduction de l'Évangile à un simple ensemble de règles, et nous montre réellement que, comme Jésus nous l'a promis, l'expérience de nous confier à Dieu le Père nous comble déjà au centuple ici-bas. S'en remettre à la présence de Dieu, c'est goûter une anticipation du Paradis.
Cité du Vatican, 11 décembre 2025.
Rencontre Calis du 28 février/Avis des lecteurs :
Nicolas Herman, un lorrain né en 1608, participe à la guerre de 30 ans.
A son retour, il entre dans l’ordre des Carmes déchaussés à Paris et prend le nom de frère Laurent de la Résurrection.
Embrasé de ferveur divine, il cherchait Dieu dans la sincérité et la simplicité de son cœur. Son but est de rester constamment en présence de Dieu, même dans ses occupations matérielles (Il s’occupe de la cuisine). Au cours de son travail, il entretient toujours une conversation familière avec lui et il ressent sa présence, ce qui le rend toujours joyeux ” Comptez tout le temps qui n’est pas employé à aimer Dieu comme perdu”.
Louange, demandes de pardon, remerciements, aide du ciel, conversations intimes. Confiance : les grâces abondent « Dieu est toujours avec nous, ne le laissez pas seul ».
Entretiens, lettres/Pratique de la présence de Dieu.
Reine
Avis de lecteur :
Il est difficile de donner son avis après le pape mais ce livre m’a tentée … J’ai commencé à lire les Confessions de Saint Augustin mais ce petit livre me faisait signe d’autant plus qu’il était écrit par un carme français et que je savais qu’il marquait la vie spirituelle de notre nouveau pape… plus abordable que Saint Augustin pour l’instant, il me promettait de vivre en présence de Dieu… En le parcourant j’ai été un peu rassurée car je retrouvais des moments simples et intimes que j’avais déjà expérimentés avec le Seigneur… un encouragement à en faire plus mon quotidien.
Ce qui lui semble premier c’est la foi :
« Lui seul est capable de se faire connaître tel qu’Il est. Nous cherchons dans le raisonnement et dans les sciences, comme dans une mauvaise copie, ce que nous négligeons de voir dans un excellent original. Dieu lui-même se peint au fond de notre âme, et nous ne voulons pas l’y voir : nous le quittons pour des futilités et dédaignons de nous entretenir avec notre Roi qui est toujours présent en nous. »
« C’est trop peu d’aimer Dieu et de le connaître par ce que nous en disent les livres, ou ce que nous en ressentons dans notre âme par les petites impressions de dévotion ou par quelques lumières. Il faut vivifier notre foi et nous élever par son moyen au-delà de tous nos sentiments pour adorer Dieu et Jésus-Christ dans toutes leurs divines perfections, tels qu’ils sont eux-mêmes. Cette voie de foi est l’esprit de l’Eglise et elle suffit pour arriver à une haute perfection. »
Non seulement ce frère contemplait Dieu présent par la foi dans son âme, mais dans tout ce qu’il voyait, dans tout ce qui arrivait, il s’élevait d’abord en passant de la créature au Créateur.
Il préférait dans le peu de lectures qu’il faisait, le saint Evangile.
Il s’entretenait par des actes continuels d’adoration, d’amour, d’invocation du secours de notre Seigneur dans ce qu’il avait à faire, il remerciait après l’avoir fait, et il lui demandait pardon de ses négligences en les avouant, comme il disait, sans plaider avec Dieu.
Cela ne s’est pas fait sans difficulté (ouf c’est donc normal)
Mais avec le temps et une grande fidélité il mérita d’être récompensé d’un souvenir continuel de Dieu.
« Le temps de l’action n’est point différent de celui de l’oraison. Je possède Dieu aussi tranquillement dans le tracas de ma cuisine que si j’étais à genou devant l’autel. »
Je ne sais pas pourquoi cela m’a fait penser au chemin de gratitude découvert il y a deux ans à Tamié… une invitation à m’y remettre sérieusement.
La canonisation de Carlo Acutis était inéluctable. Ce jeune garçon, par sa vie et ses paroles, a touché le monde entier. Carlo Acutis est un jeune garçon italien vif, joyeux et très généreux, passionné par le sport, la montagne et la culture. Il joue du saxophone et regarde volontiers les films policiers. Il se distingue des jeunes de son âge par sa foi et sa prédilection pour les pauvres. Il prie le chapelet et crée des sites internet, assure le montage de films et la mise en page de bandes dessinées, pour l’évangélisation. Il ose la pureté et se donne une vie morale saine. En octobre 2006, alors qu’il n’a que 15 ans, il est frappé par une leucémie foudroyante qui va le terrasser. Le jour de son enterrement, l’église n’est pas assez grande et ses parents sont surpris de voir tous « ses amis » : des pauvres, des étrangers, des bouddhistes et musulmans, des clochards. Sa vie et ses paroles font le tour de monde. Ce livre propose un rosaire avec les paroles de Carlo Acutis.
Présenté à la rencontre littéraire du 28 février 2026
La cause pour la béatification de Carlo est elle sérieuse au regard du nombre de demandes ? La réponse est encourageante. L’auteur confirme que la sainteté chez les jeunes est reconnue par l’église. « Ce n’est pas pour moi ; c’est trop tard ; c’est impossible ». Carlo Acutis répond qu’ « il suffit de décider et de porter son regard du bas vers le haut ». Il a consenti que Jésus entre dans sa vie. Il caractérisait la tristesse comme « le regard tourné vers soi même » et le bonheur comme « le regard tourné vers Dieu ».
Carlo nous encourage à prendre soin de la beauté de son âme. Il a affirmé que la foi ne nous éloigne pas de la vie, au contraire, elle nous y immerge davantage et nous montre le chemin précis pour expérimenter la joie de l’évangile. Il appartient à chacun de le traverser pour que son existence puisse s’illuminer à la lumière de l’espérance.
« Tous naissent comme des originaux et meurent comme des photocopies » Carlo Acutiz