Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

Jean Paul Dubois

« Le livre est beau, net, désespéré et étrangement consolateur. Comme le sont très souvent les romans de Jean-Paul Dubois. » Télérama

Paul Hansen purge sa peine dans un pénitencier canadien.

Dans la cellule qu’il partage avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre, il se raconte sa vie. L’enfance, à Toulouse, entre un père pasteur et une mère gérante d’une salle de cinema. Son métier de superintendant à la résidence L’Excelsior, où il réparait les âmes et entretenait les bâtiments. Les moments de folle liberté dans l’aéroplane de Winona, sa compagne pilote. Et le crime qui l’a conduit en prison.

Dans cet admirable roman, on retrouve un écrivain animé par un sens aigu de la fraternité . Et par un sentiment de révolte à l’égard de toutes les injustices.

Présenté à la rencontre littéraire du 27 juin 2026

Conseillé par Annik

Le soleil se lève sur Assise

Eloi Leclerc

Au soir de ma vie, je suis comme le moine enlumineur du poème de Rilke. Me sentant solidaire de la longue marche des hommes, je m’interroge : « …Je ne sais pas encore si je suis un faucon, un ouragan ou un cantique immense. »

Je n’écris pas une histoire édifiante ; j’ai vu trop de sang versé sur nos routes humaines. Mon récit en porte la trace. C’est un cri de détresse et de révolte que je lance. Je suis un volcan qui crache ses entrailles de feu.

J’étais condamné à écrire à la diable des souvenirs d’enfer. Mais voici que la rencontre du pauvre d’Assise a fait luire sur ma route une clarté divine. Et mon « amertume amère » s’est changée, par-delà l’horreur, en un chant d’une grande douceur.

Vous qui avez l’oreille fine, écoutez ! C’est l’humble chant de la terre, quand, dans le silence de l’aube, après une nuit de tourmente, elle sent passer sur elle un souffle de tendresse.

Rencontre littéraire du 27 juin 2026

« Tu veux communiquer le secret de la sagesse ? N’écris pas de traiter de philosophie, tu ennuierais les lecteurs. Raconte leur une histoire vraie et forte ; une grande histoire d amour, ils n y croiront pas, peut être mais il en rêveront et dans leur rêve ils verront s allumer l’étoile de l ‘espérance »

Cette histoire c’est celle de Saint François, qui a mis dans son cœur le soleil pour que l’humanité retrouve cette espérance. C’est par la douceur que l’homme devient à l’image de dieu, la création n’est pas vouée à la guerre.

Pour percer le mystère des profondeurs il faut parfois viser les cimes” Henri Bergson

« Le propre de l’homme n’est certes pas de rester enseveli dans la nature, c’est d’en émerger de se conquérir en s’élevant au dessus d’elle… sa grandeur mais aussi son plus grand danger car l’homme peut vouloir se libérer totalement de la nature et refuse sa condition de créature. Devenir son propre créateur en s’érigeant en maître souverain de la vie au mépris des êtres vivants qui l’entourent, c’est le rêve de la toute puissance avec tous ses débordements… tandis que l’homme croit sa puissance, il voit grandir l’angoisse, il s’arroge tous les droits sur la vie y compris celui de décider qui mérite de vivre »

François avait quelque chose d’essentiel à me dire je le sentais constatait Eloi Leclerc
et si François avait quelque chose d’essentiel à nous dire à tous ?

Virginie

Le royaume caché

Eloi Leclerc

Eloi Leclerc, bien connu par ses ouvrages sur François d’Assise, introduit le lecteur dans une nouvelle et bouleversante découverte de l’Évangile. Au seuil de la jeunesse, l’auteur est passé, dans les camps de la mort, par l’épreuve du silence de Dieu. Devenu particulièrement sensible à l’immensité de la détresse qui peut submerger les hommes, une question le poursuit : dans la nuit de la mort où Dieu se tait, quelle espérance l’Évangile peut-il encore apporter ? En méditant les évangiles, l’auteur cherche à rencontrer un visage, une présence. ” L’homme qui annonce au monde la tendresse de Dieu pour la terre a connu l’expérience la plus crucifiante de l’absence de Dieu. La révélation de Dieu en Jésus se fait au cœur même de la condition humaine la plus abandonnée. ” La vérité de l’Évangile tient à la profondeur de cette expérience de Jésus. L’auteur en est convaincu. Et sa lecture des grandes pages des évangiles, qui se distingue par la justesse exégétique et par une émouvante sobriété de ton, en porte la marque, comme s’il conviait le lecteur à un sérieux inhabituel, à une attention extrême, pour rencontrer Jésus. Ce livre, qui laisse deviner un voyage intérieur, s’adresse aux femmes et aux hommes de ce temps qui, de tant de manières, font l’épreuve de l’absence et du silence de Dieu.

Calis mai

Aimons encore, Aimons toujours

Rencontre Calis du 30 mai 2026 

La rencontre littéraire de ce mois était sous le signe de l’amour.1) Aimer au point de donner sa vie en sacrifice. Livre « Sa vie pour la mienne » 
(Julie Grand) 

« Julie Grand avait décidé de garder le silence, jusqu’à aujourd’hui. Fuyant la presse et les médias, elle ne s’est encore jamais exprimée sur ce qu’elle a vécu lorsque, le 23 mars 2018, le colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame a pris sa place en tant qu’otage. Elle est en vie aujourd’hui. Mais le poids des souffrances psychologiques, l’explosion de sa vie familiale, et l’inhumain parcours d’indemnisation des victimes du terrorisme, ont été le prix à payer depuis ce jour. Récemment, le ciel s’est dégagé au-dessus d’elle. Des rencontres l’ont conduite à retrouver de la force et à expérimenter une nouvelle existence. » 

2) Aimer et abandonner ses souffrances dans la main de Dieu.

C’est Dieu qui nous offre la possibilité de « remonter la pente », de percevoir sa présence dans nos vies » et de ressentir son amour. Se rendre auprès des personnes malades, les écouter et les visiter peut apporter un témoignage et une découverte de la douceur divine.

A un aumônier : « Je te laisse la place auprès du malade, car je ne suis pas comme toi, je n’apporte pas Dieu. Réponse de l’aumônier: Il ne m’appartient pas plus qu’à toi ». 

3) Aimer c’est être disponible et ouvrir la porte aux imprévus. Livre « La compagnie des heureux hasards » de Gilles Legardinier 

« A mesure que j’avance dans l’existence, une conviction se dessine. J’ai le sentiment que nous commençons tous notre parcours comme si nous étions des boîtes de puzzle renversées sur la table de la vie. Les pièces sont là, mais en tas et dans le désordre. Chaque jour, le jeu consiste à tenter d’assembler nos fragments pour leur trouver une cohérence. Cela exige beaucoup de temps, de patience, et pas mal d’essais avant que l’ensemble ait une chance de ressembler à quelque chose. Il n’existe aucune méthode, chacun doit mettre la sienne au point. Certains débutent par un coin, d’autres par un détail ou une portion qui surgit avant les zones plus nuancées, mais c’est de toute façon un processus chaotique, souvent frustrant, qui ne deviendra moins hasardeux qu’avec l’âge et l’existence. Combien de fois m’est il arrivé de me dire que j’avais la pièce en moi sans pour autant la trouver…Ce que nous serons au final demeure longtemps un grand mystère. 

4) Aimer malgré les différences Pour que les différences deviennent une force plutôt qu’une source de conflit.

Aimons toujours ! Aimons encore (Extrait) Aimons toujours !
Aimons encore ! 
Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit. 
L’amour, c’est le cri de l’aurore 

L’amour c’est l’hymne de la nuit. Ce que le flot dit aux rivages
Ce que le vent dit aux vieux monts
Ce que l’astre dit aux nuages
C’est le mot ineffable : Aimons ! 

 
L’amour fait songer, vivre et croire. 
Il a pour réchauffer le coeur, 
Un rayon de plus que la gloire, 
Et ce rayon c’est le bonheur ! 

Victor Hugo, Les contemplations, 1856 

Calis avril

Marcher

Rencontre Calis du 25 avril 2026.

Le thème de la marche a été évoqué lors de la rencontre Calis du mois d’avril, notamment avec le livre de « Jérusalem, une promesse » d’Alexis Jeanson.

En marchant l’homme apprend à mieux se connaître. Est-ce peut être la raison de l’engouement pour les randonnées et plus spirituellement pour les pèlerinages ?

Compostelle (Film à l’affiche)

Une marche de rupture, de beaux paysages…

Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, chacun découvre en lui une force insoupçonnée.

Inspiré d’une histoire vraie.

“On ne parle jamais de Dieu mais ça ne parle que de Dieu” constate une lectrice.


La Vache

La Vache est une comédie française de Mohamed Hamidi où Fatah, modeste paysan algérien, traverse la France à pied avec sa vache Jacqueline pour réaliser son rêve : participer au Salon de l’Agriculture à Paris. Ce road movie chaleureux, empreint d’humour et d’humanité, célèbre l’entraide et la rencontre des cultures. Porté par un casting attachant et un ton optimiste, il a séduit la critique et le public, en faisant un film feel-good à voir.

La vache est une tarine et un œil averti remarquera que Jacqueline n’est pas la même tout au long du film. Un film tendre et drôle.


Antoinette dans les Cévennes

Ce film raconte l’aventure inattendue d’une institutrice qui, voyant ses vacances amoureuses annulées, se lance sur les sentiers des Cévennes pour suivre son amant… en compagnie d’un âne au caractère bien trempé. Mêlant humour tendre, paysages superbes et introspection, cette comédie fraîche et attachante séduit par le jeu lumineux de Laure Calamy et une fantaisie légère. Une belle surprise du cinéma français, César 2021 de la meilleure actrice.

Antoinette dans les Cévennes : Le chemin de Stevenson, un moment dépaysant avec la talentueuse actrice Laure Calamy


Marcher « pour battre la maladie ? »

Une lectrice a lu un très beau texte.

« Je viens d’entrer en maladie, mon premier mouvement c’est d’y voir du gâchis de vie. Aide-moi à lutter contre ce sentiment, avec toi, tout est à vivre. Je vivrai d’abord l’obéissance : au docteur, aux remèdes, aux soins, aux précautions à prendre. Docilement, mais sans excès.

Je ne suis pas que ma maladie, je reste un homme ! J’essaierai de supporter les moments aigus de souffrance. Humblement, puisque je suis de l’espèce douillette. Je te dirai: regarde ce pauvre petit soldat !

Ne me retire pas du combat mais donne-moi la force pour tenir. Je prierai. Je vais avoir le temps. Pas forcément le goût, mais je veux me souvenir que tu donnes toujours le goût de prier. Je vais être en plein chantier de ton œuvre de rédemption, très proche de toi, puisque le sommet de ta vie de Sauveur a été l’heure de la souffrance. Seigneur, que ma souffrance soit de la vie pour les autres et pour moi. »

André Sève

Une personne malade à confié à une lectrice : « Je ne tomberai jamais plus bas que la main de Dieu peut me soutenir »

L’équipe de Calis

Calis mars

Le livre est nous

Rencontre Calis du 28 mars 2026

Le livre et nous

“Le lecteur est penché sur un texte qui le regarde et il se laisse regarder par les phrases silencieuses. Elles ne s’impriment pas en lui, elles le pétrissent, elles se font l’âme de ses instants. Le sentier de l’âme s’ensoleille d’un soleil à la fois étranger et natif. Le lecteur est à la fois dépossédé de soi et fasciné par son rôle. Il devient sa lecture et la respiration même du texte. C’est ce qui avait mis en marche l’écriture qui est maintenant la mémoire du lecteur et le meut (…).

J. Grosjean « Lecteur » dans Cantilènes.

Quelques échanges de nos lecteurs…

Pourquoi tu pleures tout le temps ? Le poids de la solitude. Mais certaines personnes viennent te voir ? Le pire c’est que je ne m’en souviens pas. (Témoignage lors d’une visite dans une maison de retraite).

Même tout seul dans sa chambre, tout seul dans la nuit aucun lecteur n’est solitaire.

« Tu ne supportes pas les miracles ? Si à condition qu’ils suivent les lois de la nature ! »

Notre intérieur n’est pas un grenier (…) c’est quelque chose comme un jardin où une forêt. Le jardin de notre cœur est à déchiffrer et féconder par la parole. Nouvelles essences à découvrir, inventorier, pour savoir de quel bois nous sommes faits, pistes à tracer, refuges à bâtir, clairières à dégager. Dans la lumière d’un matin de Pâques Madeleine croit voir un jardinier. Bien sûr, elle fait erreur, car c’est Jésus, bien sûr elle a raison car notre cœur est son jardin, par lui « tout irrigué » (Jérémie 31, 12).

« Certains livres m’agacent en cherchant des explications. Ce qui compte c’est le message de Jésus, ne croyez vous pas ? »

De la tolérance

« Chacun à sa légende » note une lectrice.

De la joie

« Pour animer, donner du souffle, de l’âme. »

De la paix

« Moi je pense à mon ange gardien mais il est un peu haut en ce moment car il voit les misères du monde, mais lorsque j’aperçois les chapelles éclairées sur les montagnes il me rappelle à lui »

De l’amour

« J’espère que l’amour nous liera car lorsque je monterai au ciel, j’aimerai pouvoir croiser mes amis d’autres religions ».

De l’espérance

« Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants » Jean D’ormesson

Hommage à Jean-Pierre

Bon chemin vers Pâques.

L’équipe Calis

Calis février

De la discussion jaillit la lumière

De la discussion jaillit la lumière » proverbe français.

Les deux royaumes

Eric Emmanuel Schmitt

La cueillette du gui, un élixir de jouvence cent pour cent gaulois, une assemblée de druides à l’ombre des grands chênes… Le fabuleux monde celtique n’en finit pas d’émerveiller Noam lorsqu’il débarque en Gaule. Mais bientôt l’irruption d’envahisseurs d’un genre nouveau, les Romains, vient bouleverser l’équilibre des forces.

Du célèbre Spartacus, figure de révolte et d’espérance qui défie la République romaine, à l’empereur Auguste et son épouse Livie, nouveaux maîtres de Rome au prix de morts suspectes et de crimes irrésolus, Noam assiste, perplexe, à l’apparition d’une concentration de pouvoir sans limites.

Très loin de là, à Jérusalem, un certain Jésus tient un tout autre discours que celui de Rome. Prônant l’égalité entre tous les hommes, sa parole ouvre un horizon radicalement neuf et suscite un espoir infini. Deux « royaumes » se dessinent : l’un terrestre et hégémonique, l’autre céleste et accessible à tous. Entre ces deux conceptions du monde, Noam devra-t-il choisir ?

D’un romanesque flamboyant et d’une érudition qui coule de source, ce nouveau roman d’Éric-Emmanuel Schmitt embrasse plusieurs civilisations fascinantes et met en présence deux visions de notre condition humaine, qui, sous d’autres visages, s’affrontent encore aujourd’hui.

Rencontre littéraire du 30 mai 2026

On retrouve des extraits profondément poétiques malgré le triste contexte lié à la guerre, aux crucifixions, aux jeux, aux tortures romaines….

“Il y a une douceur dans l’automne, une sorte de joie triste à penser que tout s’éteint”

“Byzance : Une ville exaltant un parfum de rose où le clapotis des fontaines entonnait des airs enjoués”

“La vérité serait elle attachée aux étoiles ?”

Pour aller à la rencontre du deuxième royaumes, il faut patienter. C’est à la troisième partie que se produit la rencontre avec Paul.

Les annotations en bas de page constituent une véritable mine d’informations pour le lecteur.

Les extraits qui décrivent la crucifixion à l’époque romaine sont profondément touchants. A t-on pensé à l’importance de ce petit objet de métal à cette époque : le clou.

Extrait :

Le clou cet objet si modeste, si commun, traîne sur l’établi de tous les ateliers du monde. Il rend service au menuisier comme au magicien. Ce roitelet de fer, droit, dur, discret, exerce un pouvoir souverain. Il perce, il lie, il rive. Sa fonction ? Fixer. Son sens symbolique aussi bien le matériel que l’immatériel, le visible que l’invisible. (…)”

Le clou transcende sa matière. Forgé au marteau, souvent à section carrée avant le XVIII ème siècle, il traverse le monde profane et le monde sacré. Au fond, le clou offre un paradoxe incarnée : il bloque ce qui doit rester, il transperce ce qui fuit, il blesse et soigne, unit et bannit. A la fois outil de charpentier et instrument du destin, il est un petit objet d’acier et un grand mystère de fer.”

Virginie

La compagnie des heureux hasards

Gilles Legardinier

Qui n’a jamais perdu foi en l’existence ? Qui n’a jamais été épuisé – voire écœuré – au point de douter de la valeur même de la vie ? Lily en est là. Une rupture, beaucoup de désillusions… mais ce n’est pas cette part de son histoire qui nous intéresse. Grâce à Mère-Grand et au Petit Poucet, Lily va découvrir un autre chemin. Loin d’un conte de fées, c’est une renaissance, aux antipodes des faux-semblants et des égoïsmes. Les Heureux Hasards vont la conduire jusqu’à la face cachée du monde tel qu’on ne le montre jamais.

Avis de lecteur :

Rencontre littéraire du 30 mai 2026

  • Quelle relation peut-on établir entre trois chiens et un chat ?
  • Qu’est-ce qui va transformer la vie de Lily, une intérimaire en ressources humaines, lors de sa visite à la fête foraine au point qu’elle souhaitera en faire une vocation ?

La compagnie des heureux hasardeux ? Ce titre illustre un souvenir d’enfance de l’auteur et les « heureux hasards » Il écrit :

« Au delà des grandes étapes programmées, ce sont souvent d’infimes anecdotes inattendues qui nous forgent, Une phrase à la volée, un regard échangé ou une circonstance à laquelle nous sommes particulièrement sensibles Ces éblouissements intimes brillent alors d’un éclat qui nous guidera tout au long du chemin. »

Ce livre diffuse de l’optimisme grâce à ses récits à la « Amélie Poulain ». J’ai beaucoup apprécié l’humour de Lily et ses répliques.

Extraits :

« A mesure que j’avance dans l’existence, une conviction se dessine. J’ai le sentiment que nous commençons tous notre parcours comme si nous étions des boîtes de puzzle renversées sur la table de la vie. Les pièces sont là, mais en tas et dans le désordre. Chaque jour, le jeu consiste à tenter d’assembler nos fragments pour leur trouver une cohérence. Cela exige beaucoup de temps, de patience, et pas mal d’essais avant que l’ensemble ait une chance de ressembler à quelque chose.

Il n’existe aucune méthode, chacun doit mettre la sienne au point. Certains débutent par un coin, d’autres par un détail ou une portion qui surgit avant les zones plus nuancées, mais c’est de toute façon un processus chaotique, souvent frustrant, qui ne deviendra moins hasardeux qu’avec l’âge et l’existence.

Combien de fois m’est il arrivé de me dire que j’avais la pièce en moi sans pour autant la trouver…Ce que nous serons au final demeure longtemps un grand mystère.


Ce roman a été proposée à la réunion du 31 janvier 2026 par Sylviane mais grâce à notre amitié, il m’avait été confié pour « consoler » un moment de réclusion au fond de mon lit pour soigner un état grippal… Ce samedi-là, j’en étais péniblement aux premières pages abrutie par un virus… « le hasard c’est Dieu incognito » me dit souvent Sylviane. Ce virus serait-il un heureux hasard ?

Que dire de ce roman ? Surtout ne rien raconter si ce n’est les émotions par lesquelles je suis passée, la confiance, la sérénité, la tendresse, l’espoir, la gratitude. Jamais il n’est question de Dieu et pourtant s’il n’est pas là où est-il ?

Je ne citerai que quelques passages où l’auteur nous parle de son roman :

« La notion de hasard a toujours été très relative à mes yeux et bien que ne croyant ni à la prédestination ni aux interventions divines, j’ai maintes eu l’occasion de me poser des questions sur l’agencement des événements dans mon propre parcours, mais aussi dans celui des autres »

« J’ai les deux pieds sur terre. J’affronte les mêmes contraintes et la même actualité que vous. Si parfois je perds foi en ce monde, je découvre chaque jour des raisons supplémentaires de croire aux individus.

Il n’existe pas une culture, pas une latitude sous laquelle « être plus humain » est considéré comme un défaut. On ne doit pas être si mauvais que certains cherchent à nous persuader. »

« Après avoir bénéficié de tant de heureux hasards, j’espère en initier quelques-uns. D’une certaine façon la Compagnie existe pour moi. »

« Par chance les individus capables d’aider sont aussi nombreux que ceux qui ont besoin d’aide. Elle est pas belle la vie ?

Annik

Le don suprême

Paolo Coelho

“J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, s’il me manque l’Amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.”

À la fin du XIXᵉ siècle, Henry Drummond, jeune Écossais tout juste rentré d’Afrique, livra une interprétation de la Lettre de saint Paul aux Corinthiens qui captiva son auditoire et fut considérée comme l’un des textes les plus beaux jamais écrits sur l’amour. À travers ces pages, Paulo Coelho en propose une adaptation vibrante et nous offre ainsi des perles de sagesse pour apprendre à vivre mieux en cultivant l’amour, le trésor de l’âme, le Don suprême, comme notre bien le plus précieux.

Rencontre littéraire du 30 mai 2026

P. Coelho reprend un texte magnifique écrit par Henry Drummond en 1890 qui part de la lettre de St Paul aux Corinthiens : « s’il me manque l’amour, je ne suis rien »

p. 37 et thèmes développés dans tout le livre :

l’amour = patience, bonté, générosité ,humilité, délicatesse, tolérance, innocence, sincérité.

p. 73 : aimer = pratiquer= apprendre à être patient, humble, généreux, dévoué, tolérant…

p. 76 : aimer = travailler sur sa volonté propre.

p. 87 et suivantes : sur l’évolution/disparition des civilisations, des connaissances : chapitre ultra-intéressant !

En partant des égyptiens : la civilisation des pharaons a disparu : leur langue, leur écriture n’existent plus.
Le grec du temps de St Paul est complètement différent du grec d’aujourd’hui.
Les connaissances également évoluent, les modes de déplacement, toutes les connaissances du XX ème siècle sont presque toutes dépassées.

Le commentaire de St Paul qui nous dit que seul restera à la fin des temps l’amour, la charité, la Foi.

On peut le croire !

Ce commentaire de la lettre de St Paul semble vraiment réaliste.

Catherine


Certains lecteurs n’ont pas été interpellé par ce livre qui à leur sens “enfonce des portes ouvertes”. On peut comprendre car aimer se passe parfois d’explication. Quelque soit la voie empruntée, ce qui compte n’est ce pas le chemin ?

Virginie


Présenté à la rencontre littéraire du 28 mars 2026 avec le livre “les splendeurs de l’amour”. Annik

La Lettre de Saint Paul aux Corinthiens est un texte souvent choisi pour les cérémonies de mariage. Paulo Coehlo à travers ce livre, nous aide à comprendre ce magnifique texte pour encore mieux l’apprécier. Un livre coup de coeur.

Virginie