Père Jean Abiven

Le carnet d’adresses du Père Jean est bien rempli. On y compte d’illustres noms : l’Evangéliste Jean et ceux qui ont jalonné notre histoire chrétienne, depuis Thérèse d’Avila et Jean de la Croix (bien sûr ! ), jusqu’à Edith Stein, en passant par Thomas d’Aquin, Jeanne d’Arc, et d’autres non moins priés… On y trouve aussi la mystérieuse Samaritaine de l’Evangile, et le Bon Larron, le “saint brigand “.
Ce savoureux florilège de lettres témoigne d’un long compagnonnage fraternel du Père carme avec ses amis du Ciel. S’il les vouvoie respectueusement, c’est avec une simplicité et une affection empreintes d’humour qu’il s’adresse à eux. A l’école de ce sage écrivain, entrons nous aussi dans la communion vivante des saints, sans façon : ils ont tant à nous révéler !
Avis de nos lecteurs :
Livre présenté à la rencontre littéraire du 25/10/2025
Des belles lettres écrites par un prêtre , carmélite aux saints qui lui sont proches ou non.
Des réflexions, des reproches, des encouragements. Il nous permet de mieux connaître ces saints .
Un exemple :
Lettre à la Samaritaine
p. 97/98 la Samaritaine devient prophète à son tour puisqu’elle part vers les hommes de son village, leur parle de Jésus et les emmène à Lui.
Le père Abiven nous dit que le Christ peut nous parler par l’intermédiaire d’un inconnu, d’un étranger ou parfois par un membre d’un peuple ennemi, ou tout simplement par un familier.
Ils peuvent nous porter la parole qui nous sauve ou tout au moins nous apaiser ou nous encourager.
Catherine
Le père Jean Abiven (Jean de la visitation) aimait la compagnie des saints, devenus des amis. « Dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ». Leur vie et leur intimité divine est pour lui un enseignement. Ce livre (ou plutôt recueil) se lit facilement. L’écriture est sincère, spontanée, avec un langage provincial familier. On a l’impression d’ouvrir le tiroir du bureau après le décès d’un vieil homme de 102 ans et de retrouver ses lettres comme testament. On rentre dans son intimité.
Hommage à Saint Jean dont la fréquentation de la vierge Marie vaux tous les diplômes
Rebelle avec Saint Jean de la Croix : « Pour aimer Dieu, il faut souffrir ? Je ne suis pas un héros moi ! Je ne peux pas croire que Dieu nous est créé et mis au monde pour nous faire rôtir comme des bûchers ».
Déclaration d’amitié à Saint Thomas More : « Pourquoi cette affinité ? Allez savoir, parce qu’on se sent bien avec certaines personnes ».
Poétique avec Sainte Claire : « Saint François d’Assise lumière du monde, vous silence de l’amour ». Cet amour m’a fasciné.
Anecdotique avec Saint Thomas d’Aquin : Anecdote de ces harengs miraculeux dénichés à la veille de sa mort comme une petite fleur que le seigneur aime à faire à ses amis ».
Intellectuelle à Saint François de Sales : «La plus haute perfection peut se trouver dans l’accompagnement fidèle de la volonté de Dieu qu’elle que soit sa vie ou sa profession ».
Réconfortante avec la Samaritaine : “Tu as eu 5 hommes et celui ci n’est pas ton mari”. Si Dieu découvre nos misères, ce n’est pas pour nous faire honte mais pour nous guérir.
Attachante lettre à Sainte Anne sur son petit-fils (Affaire de famille…)
Au bon Laron « collègue de Jésus sur la croix » « comme Marie a dû vous aimer en voyant que vous ne tapiez pas sur son garçon »…
Cette liste n’est pas exhaustive puisqu’elle relève d’une expérience personnelle « Ar Baraboz », au paradis comme on dit en breton. S’il manque des références sur certains saints pour mieux comprendre les lettres, peut être est ce justement l’occasion de mieux les connaître ?
Virginie