Chaïm Potok

Avec “L’Élu”, Chaïm Potok a écrit un des plus beaux romans de ces dernières années. Il faut lire une centaine de pages pour entrer dans la magie de cette petite communauté juive new-yorkaise où hassidiques et sionistes vivent ensemble et se détestent.
À l’occasion d’un match de base-ball, deux adolescents exceptionnels des deux communautés vont devenir amis et surmonter les obstacles.
Tout y est : la tendresse du père, l’amitié plus forte que la mort, la connaissance source de vie. On se prend même à se passionner pour les querelles théologiques du Talmud.
Le Figaro
Avis de lecteur :
Si vous ne comprenez rien aux règles du base-ball vous risquez de vous décourager devant ce début de roman puis petit à petit vous découvrez grâce à ce match une communauté juive new-yorkaise au moment de la fin de la deuxième guerre mondiale avec le débarquement en Normandie et la découverte de la Shoa.
A travers l’amitié de deux adolescents que tout devrait séparer on découvre l’histoire, l’origine de la séparation des deux communautés juives qui se détestent … une grande question pour la foi de ces communautés… Que peut signifier l’extermination de 6 millions de juifs dans les camps nazis ? Comment réagir ? Comment interpréter le Talmud, quel Messie attendre ?
De belles pages sur le poids des coutumes, de la religion… le fanatisme, la culture, la lecture et surtout en toile de fond une grande amitié entre deux adolescents Danny l’hassidique et Reuven le sioniste…
Voici une histoire de près de 400 pages, un récit grave, souvent sombre, avec quelques rares moment de vrai bonheur, qui m’a plongé dans un monde que je connaissais peu: le monde des Juifs orthodoxes, de la Torah et du Talmud. À travers l’histoire de l’amitié de deux jeunes gens, c’est la lutte entre deux conceptions du judaïsme qui est illustrée dans ce livre, l’une qui ne conçoit le monde juif que replié sur lui-même dans l’orgueilleuse solitude des Élus, l’autre qui veut s’ouvrir au monde et prendre pied dans le siècle.
En affirmant qu’il faut donner un sens à ce qui semble absurde, Potok propose un judaïsme œcuménique qui donne au monde moderne le supplément d’âme qui lui manque.
En bref, un très beau livre qui traite de l’amitié, de l’amour paternel et de la religion.
Extrait : « Personne ne connait sa chance avant que la malchance arrive. »
Annik