Les deux royaumes

Eric Emmanuel Schmitt

La cueillette du gui, un élixir de jouvence cent pour cent gaulois, une assemblée de druides à l’ombre des grands chênes… Le fabuleux monde celtique n’en finit pas d’émerveiller Noam lorsqu’il débarque en Gaule. Mais bientôt l’irruption d’envahisseurs d’un genre nouveau, les Romains, vient bouleverser l’équilibre des forces.

Du célèbre Spartacus, figure de révolte et d’espérance qui défie la République romaine, à l’empereur Auguste et son épouse Livie, nouveaux maîtres de Rome au prix de morts suspectes et de crimes irrésolus, Noam assiste, perplexe, à l’apparition d’une concentration de pouvoir sans limites.

Très loin de là, à Jérusalem, un certain Jésus tient un tout autre discours que celui de Rome. Prônant l’égalité entre tous les hommes, sa parole ouvre un horizon radicalement neuf et suscite un espoir infini. Deux « royaumes » se dessinent : l’un terrestre et hégémonique, l’autre céleste et accessible à tous. Entre ces deux conceptions du monde, Noam devra-t-il choisir ?

D’un romanesque flamboyant et d’une érudition qui coule de source, ce nouveau roman d’Éric-Emmanuel Schmitt embrasse plusieurs civilisations fascinantes et met en présence deux visions de notre condition humaine, qui, sous d’autres visages, s’affrontent encore aujourd’hui.

Rencontre littéraire du 30 mai 2026

On retrouve des extraits profondément poétiques malgré le triste contexte lié à la guerre, aux crucifixions, aux jeux, aux tortures romaines….

“Il y a une douceur dans l’automne, une sorte de joie triste à penser que tout s’éteint”

“Byzance : Une ville exaltant un parfum de rose où le clapotis des fontaines entonnait des airs enjoués”

“La vérité serait elle attachée aux étoiles ?”

Pour aller à la rencontre du deuxième royaumes, il faut patienter. C’est à la troisième partie que se produit la rencontre avec Paul.

Les annotations en bas de page constituent une véritable mine d’informations pour le lecteur.

Les extraits qui décrivent la crucifixion à l’époque romaine sont profondément touchants. A t-on pensé à l’importance de ce petit objet de métal à cette époque : le clou.

Extrait :

Le clou cet objet si modeste, si commun, traîne sur l’établi de tous les ateliers du monde. Il rend service au menuisier comme au magicien. Ce roitelet de fer, droit, dur, discret, exerce un pouvoir souverain. Il perce, il lie, il rive. Sa fonction ? Fixer. Son sens symbolique aussi bien le matériel que l’immatériel, le visible que l’invisible. (…)”

Le clou transcende sa matière. Forgé au marteau, souvent à section carrée avant le XVIII ème siècle, il traverse le monde profane et le monde sacré. Au fond, le clou offre un paradoxe incarnée : il bloque ce qui doit rester, il transperce ce qui fuit, il blesse et soigne, unit et bannit. A la fois outil de charpentier et instrument du destin, il est un petit objet d’acier et un grand mystère de fer.”

Virginie

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