La nuit obscure

Saint Jean de Lacroix

Ce beau livre propose un parcours illustré à travers le poème La nuit obscure, pour rendre accessible l’aventure de la transformation de l’âme à travers la nuit. Les dessins lumineux emmènent le lecteur à la (re-)découverte de l’univers imaginaire du Saint un chemin spirituel de l’âme par les yeux. Une première partie donne le poème en version bilingue et des illustrations en pleine page permettent de suivre Jean dans son évasion du cachot de Tolède une nuit de 1578, évènement inspirateur de cet écrit.

En parallèle s’intercalent les illustrations de l’escapade mystique de l’âme imaginée par le saint dans ce poème. Des extraits du traité spirituel sont ensuite proposés, assortis d’illustrations qui explicitent les principaux thèmes chers au saint : recherche de Dieu dans la nuit de la foi, dépouillement intérieur mais aussi jubilation de la rencontre avec l’Être aimé. Les derniers vers du poème n’ont pas été commentés par Jean, mais la similitude des thèmes nous permet de compléter et d’expliquer les couplets finaux à laide d’extraits de ses autres œuvres mystiques. Cette finale très « lumineuse » est peu connue et ouvre une porte sur une fabuleuse richesse d’images poétiques.

Présenté à la rencontre Calis du 25 avril 2026.

Ce livre est à lire sur 3 niveaux

Le poème, d’abord en espagnol, puis en français. On parcourt ensuite les images (magnifiques illustrations du Carmel de Montmartre) avant d’arriver à la deuxième partie comme un feu d’artifice. Comment peut-on exprimer la poésie en mots ? Je crois que la traduction du père Grégoire de Saint Joseph a relevé le défi. Les mots sont sculptés avec la délicatesse de la dentelle et alimentent l’âme. Un petit livre d’une Nuit Obscure, dissimulé entre deux tomes au bout de la bibliothèque et qui révèle toute sa clarté dès qu’il est feuilleté.

Extrait :

“Le feu, matériel appliqué au bois, commence tout d’abord par le dessécher : il en expulse l’humidité et lui fait pleurer toute sa sève. Aussitôt il commence par le rendre peu à peu noir, obscur, vilain ; il lui fait répandre même une mauvaise odeur, il le dessèche graduellement ; il en tire et manifeste tous les éléments grossiers et cachés qui sont opposés à l’action du feu. Finalement quand il commence à l’enflammer à l’extérieur et à la réchauffer, il le transforme en lui même et le rend aussi brillant que le feu.”

Chants de l’âme qui se réjouit de l’heureux sort qu’elle a eu de passer par la nuit obscure de la foi et sa purification pour arriver à l’union de l’amour.

Virginie

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