Le maître du désir

Eloi Leclerc

Ce sont des pages fortes que nous offre Eloi Leclerc dans cet ouvrage. Il nous fait voir, dans l’évangile de Jean, la rencontre de la vie transcendante de Dieu avec la vie désirante de l’homme. Une rencontre où le désir de vie qui est au cœur de l’homme, loin d’être refoulé, est assumé, dilaté, au point de devenir le réceptacle de la vie divine elle-même. Jésus s’appuie sur ce désir, le réveille chez ses auditeurs et l’ouvre à une plénitude de vie inespérée dont lui seul a le secret. De cette rencontre, l’homme sort transfiguré. Son humanité elle-même s’en trouve accomplie. A l’heure où des esprits désemparés se tournent vers les sagesses orientales, espérant y trouver le salut, il importait de montrer comment le Christ, selon Jean, se situe par rapport au vivant qu’est l’homme et à son désir de vie. La force envoûtante de ces pages vient de ce qu’elles allient la rigueur de l’analyse à l’envol de la vie, le destin de l’homme à la joie divine d’exister.

Notes des lecteurs :

P.92 à 94 : L’aveugle-né : pourquoi de la boue sur ses yeux ? faire en sorte qu’il voit encore moins ? Ici aussi l’apôtre Jean retourne au commencement : Jésus prend de la terre et de sa salive pour faire de la boue, il refait le geste du créateur : L’homme est modelé avec de la glaise. Car Jésus mène cet homme vers la lumière, vers la lumière divine. Puis Jésus lui demande d’aller se laver ; de l’eau jaillit la vie, la vie qui elle-même est lumière. Cet homme, n’ayant jamais vu Jésus va devenir le témoin de son action, témoin de la lumière que Jésus diffuse.

P.111/112 : Jésus à Marie Magdala : ne me touche pas. Marie reste dans une vision humaine de Jésus au tombeau, elle est venue adorer un corps mortel. Jésus devait partir pour permettre à l’Esprit Saint d’ouvrir les yeux de ses disciples à la présence dorénavant spirituelle de Jésus : Jésus est dans le Père comme le Père est en Lui.

Catherine

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