Le temps d’un soupir

Anne Philippe

Sur le plan de la durée, que représente une vie humaine à l’échelle du monde ? « A peine le temps d’un soupir. » On le dit, on le sait, mais que pèse cette sagesse lorsque la mort frappe à la porte, lorsque, dans un couple, elle fauche l’un des deux en pleine jeunesse, laissant l’autre dans la maison vide ? Dans l’afflux des souvenirs où les heures cruelles qui ont précédé cette séparation éternelle se mêlent aux temps heureux d’avant la maladie, le récit d’Anne Philipe prend l’ampleur d’une méditation sur la mort, sur l’amour, sur le bonheur. Tout est dit sur le ton le plus juste de ce qu’impose la séparation, de ce qu’il faut ensuite rallier en soi pour la supporter, l’accepter – pour conquérir la sérénité sur la solitude et la douleur sans le recours à l’espérance ou la religion. C’est ce qui donne leur prix à ces pages vibrantes de lucidité et de tendresse.

Avis de lecteur

Gérard Philippe est un des souvenirs de mon enfance, de mon adolescence et je pense qu’il a hanté mes réflexions sur la mort, le temps de la vie qui passe si vite, le talent et la beauté anéantis en pleine jeunesse par la mort…

J’ai trouvé ce livre que j’ai reçu comme « un don » dans l’armoire à partage proche de ma maison… une belle méditation sur la vie, l’amour conjugal, la mort… Je l’ai lu d’une seule traite comme une méditation, une confidence comme j’en reçois tant depuis la mort de Christian… Une séparation annoncée, courte pour Anne plus longue pour moi me faisant sœur si proche de toutes ces femmes séparées par la mort de leur compagnon de vie… Anne Philippe n’a pas le soutien de la religion, de la foi plutôt car souvent les discours religieux font plus de mal que de bien et sa méditation rejoignait si souvent la mienne… Anne ne parlait pas de Dieu, de vie éternelle et pourtant tout en sa méditation me parlait de la vie plus forte que la mort, de la vie éternelle… consolation non mais surtout apprendre à vivre avec la séparation, à vivre autrement avec ce compagnon père de ses enfants… hymne à la création , au cycle de la vie, pour moi message du divin , pour elle conquête d’une certaine sérénité sur la solitude et la douleur… Paradoxalement pour moi ce livre est un bel hymne à l’amour, la vie, à l’amour maternel… à l’amour divin reçu comme une gratitude, par excellence le mystère si difficilement partageable quand on respecte l’autre jusque dans sa non foi…

Annik

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