De l’âme

François CHENG

Une approche de l’âme par un académicien français d’origine chinoise.

Il répond à la requête d’une amie très chère qui
sur le tard se découvre une âme et qui lui demande de l’éclairer.
A lire si vous aimez cheminer avec Platon, Pascal, Simone Weil et différents
auteurs avec le seul risque d’y découvrir votre âme.

Votre missive contient une singulière requête : « Parlez-moi de l’âme »…

Votre phrase : « Sur le tard, je me découvre une âme », je crois l’avoir
dite à maintes reprises. Mais je l’avais aussitôt étouffée, de peur de paraître ridicule.
Sous votre injonction, je comprends que le temps m’est venu de relever le défi…

J’écris le mot « âme », je le prononce en moi-même, et je respire une bouffée d’air frais.
Par association phonique, j’entends Aum, mot par lequel la pensée indienne désigne le souffle
primordial. Instantanément, je me sens relié à ce désir initial par lequel l’univers est advenu, je retrouve au plus profond de mon être quelque chose qui s’était révélé à moi, et que j’avais depuis longtemps égaré, cet intime sentiment d’une authentique unicité et d’une possible unité.

Leave a Comment