Tomas Halik

Voici, par un théologien majeur de notre époque, les clefs pour penser le christianisme du IIIe millénaire. « Nous ne vivons pas une époque de changements, mais un changement d’époque », aime à dire le pape François. Tomáš Halík se confronte ici à cette réalité et aux défis qu’elle pose à la foi chrétienne. Les crises contemporaines de l’Église, aussi terribles qu’elles paraissent, présentent en réalité une opportunité, un carrefour. Il y a des chemins à éviter : le cléricalisme, le repli sur soi, les divisions intra-ecclésiales. Et, au contraire, de nouveaux sentiers à découvrir, qui passent par le dialogue, l’ouverture à l’autre, la fraternité. S’appuyant sur la Bible et sur la tradition chrétienne, mais aussi sur la philosophie, la psychologie et la sociologie, cet ouvrage visionnaire invite les femmes et les hommes de bonne volonté à contempler l’au-delà. Au-delà du choc des civilisations et des religions. Au-delà des désespoirs contemporains, liés au retour des guerres et des épidémies. Au-delà de cette torpeur spirituelle qui assoupit le christianisme, lequel entre dans une époque nouvelle : son après-midi. Un essai puissant par un penseur capital, qui nous interpelle et nous appelle à grandir. Traduit du tchèque par Anne-Marie Ducreux-Panelicek.
Avis de lecteurs.
« Après avoir rappelé les grandes étapes, et les crises précédentes, de l’histoire de l’Église, le théologien tchèque Tomas Halík dessine le visage dont il rêve pour l’Église de demain, plus mature, entrée dans son « après-midi
Ce livre cherche à dessiner ce que pourrait être « l’après-midi » du christianisme, après la « crise du midi » que l’Église connaît aujourd’hui : perte de crédibilité, désaffection des fidèles, scandale des abus sexuels ou spirituels, position minoritaire dans une société où l’incroyance et l’athéisme dominent… S’inspirant d’une métaphore de Carl Jung qui comparait la vie humaine à une journée, du matin au soir, Tomas Halík dessine sa vision d’une ère nouvelle, celle de la maturité, où pourrait se réveiller « la force thérapeutique de la foi » et où « l’Église affaiblie et intérieurement divisée (pourrait devenir) un hôpital de campagne et la lumière des nations ».
Convoquant plusieurs disciplines – théologie, philosophie et sociologie –, l’auteur tente une lecture des « signes des temps » qui appellent une nouvelle réflexion théologique. Il se range ainsi du côté des prophètes qui, dans la Bible, interprétaient les événements de leur époque comme des « signes de la pédagogie divine ». Lesquels pouvons-nous repérer aujourd’hui ?
Les distinctions entre athées, incroyants, croyants sont devenues fluctuantes et obsolètes. « Les Églises ont perdu le monopole de la religion », laissant les idéologies populistes et les fondamentalismes récupérer les « valeurs chrétiennes » dont elles se réclament sans en vivre. Pourtant, dans un tableau plutôt sombre du monde contemporain, l’auteur entrevoit des « fenêtres ouvertes ».
« Signes des temps » contemporains
L’identité chrétienne, confisquée par certains, appelle à être redéfinie. Être chrétien, est-ce croire ceci plutôt que cela ? Le théologien rappelle fermement que c’est se mettre à la suite du Christ. Le christianisme est toujours en marche. « La foi comme je la comprends a un caractère pèlerin et un but eschatologique. » Suivre le Christ, c’est accepter de passer par la nuit de la mort pour qu’advienne la lumière de la Résurrection, y compris pour l’Église.
« Avec la folie de l’espérance », le théologien cherche derrière « l’apparence peu engageante » de l’Église d’aujourd’hui, quelles merveilles, nombreuses, elle porte encore « dans des vases d’argile », et qu’elle pourrait dégager de leur gangue souvent poussiéreuse pour les offrir aux hommes de demain. La redécouverte de la mystique chrétienne, le travail du dialogue œcuménique – interreligieux et avec les non-croyants –, l’incarnation de la foi dans la justice et la solidarité, la lutte contre le cléricalisme, les fermetures, les exclusions, l’invention de nouvelles formes de communautés… Les pistes à creuser sont nombreuses. »
Par Christel Juquois
Publié le 20 avril 2025 à 10h27 La Croix
Annik
Voici par un théologien majeur de notre époque, les clefs pour penser le christianisme du IIIème millénaire.
Tomas Halík est un prêtre tchèque, philosophe et théologien, également professeur de sociologie, psychologue.
Ce prêtre tchèque analyse les défis auxquels est confrontée la foi, présentant la crise que traverse le christianisme comme l’occasion de développer une forme d’Eglise, de théologie et de spiritualité plus profonde, plus crédible et plus mature. Il invite à redécouvrir la dimension spirituelle de la foi par le dialogue avec des cultures et des religions différentes, par la fraternité universelle.
J’ai apprécié ce livre souvent dépassée par l’immense culture de l’auteur ! Que de livres je devrai lire pour tout comprendre… mais l’histoire de L’Eglise avec ses différentes crises, le rappel de la spécificité de la foi chrétienne et sa façon de concevoir la foi m’ont rejoint et surtout ouvert une espérance pour demain. La parole de ce prêtre venant de l’univers communiste est d’une grande ouverture et sans concession.
Je pourrai citer de multiples passages mais je ne désire pas forcément dévoiler plus la richesse de ce livre. En témoignant sur ce que m’avait apporté le pèlerinage du jubilé à Rome, j’osais affirmer que la phrase du credo : « je crois en l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique » s’était révélée et incarnée un peu plus pour moi…ce livre m’a aidé à mieux comprendre pourquoi et comment je pouvais aimer cette Eglise pourtant si peu engageante et surtout ne plus l’abandonner… Beaucoup de pistes ouvertes et parmi celles ouvertes j’ai été très attentive au service d’accompagnement spirituel en particulier pour les aumôniers d’hôpital page 272 et 273…
Je ne peux m’empêcher de citer deux passages un peu provocateurs mais ils m’ont fait un bien fou :
« Si les décennies de prière de toute l’Eglise pour de nouvelles vocations à la prêtrise sont restées inexaucées, c’est peut-être que Dieu veut nous dire qu’il attend de nous que nous cherchions d’autres issues et d’autres solutions au lieu de continuer obstinément à frapper à la porte qu’il a lui-même fermée. » page 93
« A la veille de son élection à la papauté le cardinal Bergoglio cita ces paroles de Jésus « je me tiens à la porte et je frappe » en ajoutant que Jésus frappe aujourd’hui de l’intérieur de l’Eglise et qu’il veut en sortir pour aller à la rencontre de tous les pauvres, de tous les marginalisés et de tous les blessés de notre monde et que nous devons nous mettre à sa suite. » page 144
Nous avons perdu un grand pape mais je suis heureuse d’avoir pu me recueillir devant lui à Rome. Je pense que ce n’est pas par hasard que c’est ce jour-là que j’ai pu enfin entrer dans la démarche jubilaire qu’il nous proposait. Ce livre peut aider à cheminer dans l’Eglise avec espérance.